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Blason Vieux Moulin

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Blason Vieux Moulin

Page 11 : Madame Miquet maîtresse à Vieux-Moulin de 1938 à 1958

Blason Vieux Moulin

Jeanne Miquet
1902-1994

Madame Miquet Vieux-Moulin

Madame

C’était une autre époque… Pour les élèves de l’école communale de Vieux-Moulin comme pour leur institutrice. C’était la guerre et l’après-guerre. "Madame" ou " la maîtresse", c’était Madame Miquet, de son prénom Jeanne Hélène, née en Savoie en 1902.
Elle était venue dans l’Oise après le décès de son mari, pilote-aviateur mort dans un accident d’avion, pour être plus près de sa sœur à Paris.
Après plusieurs postes dans le Valois, elle est arrivée à Vieux-Moulin pour la rentrée de 1938. C’était alors une période de grande tension, la guerre était proche, la mobilisation générale déclarée. Les affiches pouvaient se lire dans les boîtes grillagées sur le côté du portail de la mairie-école et près de l’église.
Puis, la détente temporaire due aux accords de Munich, mais la guerre pour de vrai l’année suivante. Une année de paix pour "Madame" et ses élèves à Vieux-Moulin.
Donc une école rurale de son temps, dans une salle unique; en avant des rangées de pupitres pour quatre élèves, avec encriers incorporés, se trouvaient deux tableaux noirs, un poêle à bois/charbon, et une estrade pour la maîtresse. Une armoire vitrée et deux cartes de France (réseaux fluviaux et chemins de fer) accrochées au mur du fond complétaient l’ensemble. Les classes comportaient de 35 à 45 élèves et allaient du Cours préparatoire au Cours supérieur - celui qui menait au Certificat d’études, passé à l’âge de 13-14 ans (c’était alors la fin des études à l’École primaire). En passant par les Cours élémentaire et moyen. C’était beaucoup de travail de préparation pour "Madame", qui passait la fin de ses soirées à préparer des modèles d’écriture pour les plus petits, à corriger les devoirs des plus grands, à arranger de nouveaux exercices. Avant cela, une bonne partie des élèves restant à l’étude après la récréation de quatre heures, " Madame" était disponible pour les aider. Puis, certains soirs, aussi, il y avait le travail de la Mairie, dont elle était la secrétaire. C’était le moment où les cartes d’alimentation, en particulier, demandaient des heures de bureaucratie !
"Madame" devait aussi s’occuper du chauffage de l’école. De temps en temps, elle emmenait ses élèves en forêt pour ramasser du petit bois pour le poêle et chacun devait revenir avec son fagot ! C’est elle qui préparait le feu avant les classes. La commune fournissait le bois et le charbon pour la salle de classe et la cuisine de l’institutrice, la seule pièce du logement qui était chauffée – comme c’était le cas pour tout le monde, alors. Comme presque tout le monde à Vieux-Moulin, encore, " Madame" comptait sur son jardin, derrière l’école (car tout le terrain n’avait pas encore été construit et bituminé; cela s’est fait après son départ). Un voisin le bêchait, "Madame" faisait le reste, aidée de ses deux fils. En mai 1940, au moment de "l’exode", ce jardin a été bien utile du reste puisque l’argenterie y a été enterrée.
C’était un moment tragique pour tous et "Madame", qui attendait des ordres de son administration pour partir, a eu l’occasion d’entendre les bombardements de Compiègne en allant se réfugier dans sa cave, en compagnie des pommes de terre et du saloir (il n’y avait pas de réfrigérateurs dans les maisons à l’époque, pas plus que de chauffage central, mais son logement avait l’eau courante – froide – et l’électricité, ce qui n’était pas encore le cas dans toutes les maisons du village).
" L’exode" de mai 1940 s’est fait pour " Madame" et une partie des habitants par des autobus de la RATP qui les ont menés jusqu’en Bretagne.
En rentrant de l’évacuation, pendant l’été, "Madame" a trouvé son logement pillé, comme beaucoup d’autres, mais pas excessivement, et les bâtiments de l’école endommagés par des obus – on a dit qu’il en était tombé plus de 300 sur Vieux-Moulin. Puis les années d’occupation, le rationnement, les craintes quand les patrouilles des gendarmes allemands frappaient à la porte pour un rideau mal tiré ("blackout " oblige) et que l’on écoutait Londres, les attentes, les espoirs…Jusqu’au débarquement de juin 1944, et l’approche des Alliés. Encore une fois le jardin a eu son utilité et une tranchée y a été creusée pendant l’été, suivant les conseils de la BBC, au cas où… Finalement, pour rien, mais "Madame" et ses enfants ne s’en sont pas plaints.
L’été 1945 a vu l’école fonctionner pour certains des G.I.s noirs qui étaient alors à Vieux-Moulin, mais sans " Madame". L’aumônier (un capitaine, le seul officier noir de l’unité, car l’armée américaine était alors sous le régime de la ségrégation) était venu lui demander d’y faire une classe de rattrapage scolaire.
Le nombre des écoliers augmentant, l’Académie a enfin décidé de dédoubler les classes et " Madame" s’est vue nommer Directrice, avec une assistante qui enseignait aux plus jeunes dans la mairie, au-dessus de l’école. Puis à l’hôtel Bailly. Ce système a fonctionné jusqu’à la retraite de "Madame", qui a eu lieu en 1958. Par la suite, une seconde école a été construite derrière la première, sur l’ancien jardin.
Quant à "Madame " retraitée à Pierrefonds, où elle assumait les fonctions de conseillère municipale, en aidant la secrétaire de mairie, elle a décidé en 1976 de retourner dans ses Alpes natales, près d’un de ses fils, à Annecy. Elle y est décédée en 1994.

Jean et Lucien Miquet, 2012

La mairie-école de Vieux-Moulin

Ecole Vieux-Moulin

La mairie-école où Madame Miquet dirigea la classe unique jusqu'en 1956 avant d'en devenir directrice jusqu'en 1958. Elle assura également, comme c'était la tradition pour les enseignants, le secrétariat de la mairie de Vieux-Moulin.

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La Classe de 1946 de madame Miquet

Classe 1946 Vieux-Moulin

La classe de Madame Miquet en 1946 :
- Premier rang : 1 Lucien Meyer, 2 Renée Lambin, 3 Colette Lambin, 4 J Thibault, 5 Jean Delanchy, 6 Maurice Perrier, 7 Bernard Defoor, 8 Maurice Stoëssel, 9 Jacques Loreau, 10 Gilbert Lambin, 11 Bernard Loreau, 12 Monique Meunier
- Second rang :13 Lucien Vézel, 14 Roland Cassarin, 15 Michel Trillaux, 16 Claude Monvoisin, 17 Claude Clavière, 18 Robert Lambin, 19 Louis Loreau, 20 Micheline Delanchy, 21 Ginette Dobigny, 22 René Cantois
- Troisième rang : 23 Jeanine Vézel, 24 Jean Thibault, 25 Michel Boucher, 26 Georgette Perrier, 27 Eliane Verset ?, 28 Jacqueline Lambin, 29 Marie-Thérèse Weiz, 30 Emile Loreau, 31 René Ponge, 32 Ignace Meyer

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La Classe de 1956

Classe 1956 Vieux-Moulin

La classe de l'adjointe de madame Miquet en 1956.

La Classe de 1958

Classe 1958 Vieux-Moulin

La classe de madame Miquet en 1958.

La Classe de 1958 de l'adjointe de madame Miquet

Classe 1958 Vieux-Moulin

La classe de l'ajointe de madame Miquet en 1958.

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          Jean-Claude Toudy